Le 22 juin dernier devait se tenir à Beaumont sur Oise, la Commission Nationale
Paritaire de Négociation (CNPN) de la CCN 66 organisée par la FEGAPEI. Cette dernière avait fait le choix de décentrer cette réunion en dehors de Paris, suite aux événements survenus lors de la
dernière CNPN du 10 juin.
Cette CNPN était pour la CFDT décisive, elle était la dernière fixée au
calendrier de négociations sur les classifications et rémunérations. De plus, les employeurs devaient y présenter leur proposition chiffrée, en réponse à celles présentées par les organisations
syndicales lors des précédentes CNPN.
Suite à un appel à la manifestation lancé par SUD, les Collectifs et la CGT, 200
personnes étaient présentes devant le lieu de la réunion afin d’empêcher qu’elle ne se déroule.
La journée du 22 juin vécue par la délégation CFDT :
· 9h00 : Rdv gare du nord, afin de prendre le RER en direction de Beaumont sur Oise, à
savoir que pour certains, ils ont dû arriver la veille au soir (le dimanche) et pour d’autres, quitter leur domicile le matin même à 5 heures. Des manifestants sont déjà présents à la gare et
prennent le même train.
· 10h30 : arrivée à Beaumont sur Oise, après
nous être rendu à pieds sur le lieu de la réunion, nous constatons que nous ne pouvons pas entrer. Des manifestants bloquent toutes les issues. S’ensuit 1h30 d’attente dans la rue avec les autres
délégations d’organisations syndicales de salariés, et celles du SOP et SNASEA, en compagnie des manifestants. Seuls le FEGAPEI et deux membres de la délégation de la CGT sont à l’intérieur,
arrivés plus tôt.
La revendication première de SUD est : qu’un membre de leur organisation
soit présent comme observateur lors la CNPN. Outre les slogans « retrait du projet patronal », « non au démantèlement de la CC66 » etc. …
· 12h00 : nous sommes toujours dans la rue, sans savoir à quoi nous en tenir.
Le FEGAPEI nous informe qu’ils peuvent faire entrer les délégations. S’ensuit
tout un scénario digne d’une mauvaise série B. Les manifestants ayant repéré les membres de délégation, surveillent le moindre de leur mouvement, jusqu’à essayer de suivre la voiture qui nous
conduit à l’endroit ou nous pourrions entrer. Arrivés, nous constatons que les forces de l’ordre sont présentes, et là nous devons escalader un mur à l’aide d’échelles.
Nous pénétrons dans un petit bois ou sont « cachés » les membres des
délégations de la CFTC et CGC…. là on nous demande d’y rester car ensuite il faut traverser un espace dégagé pour rejoindre le bâtiment. « On pourrait être vu ! ».
· 13h00 : la majorité des délégations sont présentes, mises à part celles du SOP et SNASEA
qui ne peuvent faire un pas sans avoir des manifestants collés à leurs basques. On nous propose de nous restaurer avant travailler. Là, nous interpellons la FEGAPEI sur leur organisation et le
fait que le lieu n’est quasiment pas sécurisé, et leur faisons part de notre « raz le bol ». Ils nous répondent que c’était une volonté de leur part, ils ne souhaitent plus négocier sous protection policière (et lacrymogènes) ayant la volonté de revenir a un vrai dialogue social.
Au milieu du déjeuner, la salle est envahie par SUD qui a réussit à pénétrer dans
le bâtiment. Nous essayons donc de finir notre repas, sous les regards des manifestants qui encerclent nos tables. Photographiés, filmés nous prenons grand soin de ne pas répondre à leurs
provocations. Démocratiquement, ils décident de nous priver de « dessert et de café », la délégation CFDT avait déjà décidé de quitter les lieux sans son dessert, la mascarade ayant,
déjà, que trop duré.
Sortir du bâtiment ne fut pas aisé, entre les manifestants bloquant les issues
(même pour aller aux toilettes), et les quelques policiers présents perdus dans cette cacophonie.
La FEGAPEI demande que les partenaires sociaux rencontrent ensemble une délégation de SUD ou acceptent un observateur de SUD pendant la CPNPN, ce que nous refusons. Il est hors de question d’accepter la
présence d’un observateur de SUD et c’est à eux, employeurs, de les rencontrer. Ce qu’ils feront.
Nous sentons dans leur discours, qu’ils seraient prêts à accepter un observateur
de SUD durant la CNPN qu’ils espèrent encore maintenir. Remettant en cause les règles et le cadre de ces commissions. Nous apprendrons par la suite que le collectif voulait aussi un observateur
dans la salle….
· 14h00 : nous sommes dehors, et nous décidons de regagner la gare afin de rentrer sur
Paris. Nous sentons qu’il est grand temps de quitter les lieux car certains esprits s’échauffent.
Nous prenons donc le chemin de la gare sous escorte policière…. Et du syndicat
SUD, qui souhaite nous accompagner jusqu’à la gare avec leurs petits drapeaux afin de s’assurer que nous prenons bien le train.
Ce 22 juin, fut une journée éprouvante tant physiquement que psychologiquement
pour l’équipe de négociateurs CFDT.
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La CFDT Santé Sociaux dénonce l’attitude
irresponsable :
Ø Des
employeurs, ayant connaissance des appels à manifestation, ont été dans l’incapacité d’organiser une CNPN et d’assurer la sécurité des délégations.
Ø De SUD et
des Collectifs, qui en bloquant cette CNPN, n’ont pas permis aux organisations syndicales de prendre connaissance des propositions employeurs : ingrédients nécessaires pour entrer (enfin)
réellement dans la négociation.
Les Commissions Nationales Paritaires de
Négociation ne doivent plus se passer dans de telles conditions. Cela dure depuis 6 mois, c’en est trop !!
La CFDT Santé Sociaux a fait la demande
officielle auprès du ministère du Travail, d’organiser les CNPN dans le cadre de Commissions Paritaires Mixtes.
Un communiqué de presse daté du 26 juin
2009 dénonce les faits de cette journée du 22 juin.
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